ACTUALITÉ
SOCIAL
[LFSS pour 2026] Un nouveau congé supplémentaire de naissance utilisable à partir du 1er juillet 2026
Les salariés qui ont un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026 (ou un enfant né avant cette date mais dont la naissance était supposée intervenir à compter de cette date), bénéficient désormais d’un nouveau congé : le congé supplémentaire de naissance. C’est l’article 99-V de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 du 30 décembre 2025 qui a créé ce nouveau congé, pour chacun des deux parents, d’une durée de 1 ou 2 mois, indemnisé par la sécurité sociale.
En pratique, la prise de ce congé nécessite toutefois, la publication d’un décret d’application, relatif au délai de prévenance, aux modalités de fractionnement du congé, au délai de prise des jours de congé et au montant de l’indemnité. Or ce décret ne devrait intervenir qu’à la fin du premier semestre 2026.
En effet, le nouveau congé supplémentaire de naissance ne sera accessible qu’à compter du 1er juillet 2026 aux parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 (ou dont la date de naissance était prévue à cette date).
Le salarié peut bénéficier d’un congé supplémentaire de naissance s’il a épuisé son droit à congé de maternité, de paternité et d’accueil du jeune enfant ou d’adoption (article L.1225-46-2, al. 1).
Toutefois, cette condition ne s’applique pas si le salarié n’a pas exercé tout ou partie de ce droit faute de pouvoir bénéficier des indemnités journalières afférentes (article L.1225-46-2, al. 2 du code du travail).
Le salarié qui souhaite prendre son congé supplémentaire de naissance doit informer l’employeur de la date de prise du congé et de sa durée.
Le délai de prévenance, qui sera fixé par décret, est compris entre 15 jours et un mois. Il peut être réduit lorsque le congé est pris immédiatement après le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou le congé d’adoption (article L.1225-46-2, al. 5 du code du travail).
L’employeur ne peut pas refuser la demande de prise de ce congé, sauf si le salarié ne remplit pas les conditions requises : ne pas avoir épuisé, selon le cas de figure, son droit à congé de maternité, de paternité, d’adoption.
La durée du congé est, au choix du parent, d’un mois ou de deux mois. Le congé supplémentaire de naissance peut être fractionné en deux périodes, d’un mois chacune.
Les modalités de fractionnement seront définies par décret (article L.1225-46-2, al. 4 du code du travail).
Chaque parent peut prendre le congé simultanément ou en alternance avec l’autre.
Le délai dans lequel les jours de congé doivent être pris sera fixé par décret. Selon le communiqué du ministre de la santé, ce délai sera de neuf mois à compter de la naissance ou l’adoption de l’enfant (article L.1225-46-2, al. 5 du code du travail).
► Afin de ne pas être pénalisés par le report de la date de prise de ce congé au 1er juillet 2026, les parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier 2026 et le 31 mai 2026 bénéficieront d’un délai supplémentaire exceptionnel de prise du congé, a indiqué le ministère de la santé.
En pratique, le congé supplémentaire de naissance peut être, soit accolé au congé de maternité, de paternité ou d’adoption, soit être pris après une période de reprise de travail, après l’extinction des droits à congés de maternité, de paternité ou d’adoption.
Suspension du contrat pendant le congé supplémentaire de naissance
Pendant la durée du congé supplémentaire de naissance, le contrat de travail est suspendu (article L.1225-46-2, al. 3 du code du travail).
Pendant cette suspension du contrat de travail, le salarié bénéficie d’une protection contre la rupture de son contrat de travail. En effet, l’employeur ne peut rompre le contrat que s’il justifie d’une faute grave de l’intéressé ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à la naissance ou à l’arrivée de l’enfant.
Cette disposition ne fait pas obstacle à l’échéance du terme du contrat de travail à durée déterminée (article L.1225-4-5 du code du travail).
Interdiction de travail pendant le congé supplémentaire de naissance
Le salarié ne peut pas exercer une autre activité professionnelle pendant la durée du congé (article L.1225-46-4 du code du travail).
Droits acquis pendant le congé supplémentaire de naissance
La durée du congé supplémentaire de naissance :
- est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits que le salarié tient de son ancienneté ;
- ne fait pas perdre le bénéfice de tous les avantages acquis antérieurement (article L.1225-46-3 du code du travail) ;
- est assimilée à une période de cotisation pour l’ouverture du droit et le calcul de la retraite du régime général si la période de congé a donné lieu au versement d’indemnités journalières (article L.351-3 modifié du code de la sécurité sociale) ;
- est intégralement prise en compte pour le calcul de l’alimentation du compte personnel de formation des salariés (articles L.6323-12 modifié et L.6323-35 modifié du code du travail).
En cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer, le salarié a le droit de reprendre son activité avant le terme prévu du congé supplémentaire de naissance (article L.1225-46-5 du code du travail).
A l’issue du congé, le salarié :
- retrouve son précédent emploi ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente (article L.1225-46-6 du code du travail) ;
- a droit à un entretien de parcours de parcours professionnel, si cet entretien n’a pas déjà été réalisé à l’issue des congés de maternité ou d’adoption (articles L.1225-46-7 et L.6315-1 du code du travail).
Conditions d’éligibilité
Pendant la durée du congé, une indemnité journalière (IJ) est versée à l’assuré, sous conditions de durée minimale d’affiliation et d’activité minimale requises pour l’assurance maladie (article L.331-8-1, al. 1 du code de la sécurité sociale).
Montant de l’IJ
Le montant de cette indemnité sera déterminé par décret : il devrait être de 70 % du salaire net antérieur le premier mois et de 60 % le deuxième mois selon le ministère de la santé. Ce montant correspondra à une fraction des revenus d’activité antérieurs soumis à cotisations à la date de l’interruption du travail, retenus dans la limite d’un plafond et ramenés à une valeur journalière (article L.331-8-1, al. 2 du code de la sécurité sociale).
Régime social et fiscal des IJ
L’indemnité versée pendant le congé de naissance suit le même régime social que les indemnités journalières de maladie, soit des prélèvements de 0,50 % au titre de la CRDS et de 6,20 % au titre de la CSG (article L.136-8 modifié du code de la sécurité sociale). En tant que revenu de remplacement, elle est soumise à l’impôt sur le revenu en application de l’article 80 quinquies du CGI.
Règles de cumul
L’indemnité n’est pas cumulable avec :
- les allocations chômage ;
- les indemnités journalières versées en cas d’arrêt maladie, d’accident du travail ou de maladie professionnelle, de congé de maternité, d’adoption, de paternité et d’accueil de l’enfant, de congé de deuil lié au décès d’un enfant ;
- l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie ;
- l’allocation journalière de proche aidant ;
- les allocations versées aux femmes enceintes ou ayant accouché dispensées de travail parce qu’elles occupent un poste à risque ;
- le complément libre choix du mode de garde lorsqu’il est versé au titre du même enfant ;
- la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ;
- l’allocation journalière de présence parentale.

Avantages en nature et frais professionnels : quelles limites d’exonération en 2026 ?
Les évaluations forfaitaires des avantages en nature nourriture et logement au regard des cotisations de sécurité sociale et de l’impôt sont relevées de 1,3 % en 2026.
Nourriture
L’évaluation forfaitaire de l’avantage nourriture est fixée comme suit en 2026.
|
1 repas (en €) |
2 repas (en €) |
|
| Cas général | 5,50 | 11,00 |
| Employé d’hôtel, café-restaurant | 4,25 (1) | 8,50 (1) |
(1) Montant en vigueur jusqu’à la prochaine revalorisation du minimum garanti (MG).
Logement
En 2026, l’évaluation forfaitaire de l’avantage logement est déterminée selon le barème suivant (barème donné par le site des Urssaf).
| Montant de la rémunération en fonction du PMSS | Valeur mensuelle de l’avantage (en €) | |
| Logement d’une pièce principale | Autres logements (par pièce) | |
| Inférieure à 0,5 (jusqu’à 2 002,49 €) | 79,70 | 42,60 |
| Égale ou supérieure à 0,5 (2 002,50 €) et inférieure à 0,6 (2 402,99 €) | 93,00 | 59,70 |
| Égale ou supérieure à 0,6 (2 403,00 €) et inférieure à 0,7 (2 803,49 €) | 106,20 | 79,70 |
| Égale ou supérieure à 0,7 (2 803,50 €) et inférieure à 0,9 (3 604,49 €) | 119,40 | 99,50 |
| Égale ou supérieure à 0,9 (3 604,50 €) et inférieure à 1,1 (4 405,49 €) | 146,40 | 126,10 |
| Égale ou supérieure à 1,1 (4 405,50 €) et inférieure à 1,3 (5 206,49 €) | 172,60 | 152,40 |
| Égale ou supérieure à 1,3 (5 206,50 €) et inférieure à 1,5 (6 007,49 €) | 199,40 | 185,70 |
| Égale ou supérieure à 1,5 (6 007,50 €) | 225,60 | 212,30 |
Véhicules et bornes électriques
En 2026, lorsque l’employeur met à disposition un véhicule fonctionnant exclusivement au moyen de l’énergie électrique, les dépenses prises en compte pour calculer l’avantage en nature sont évaluées après l’application d’un abattement. Dans tous les cas, les frais d’électricité engagés par l’employeur pour la recharge du véhicule ne sont pas pris en compte.
| Date de mise à disposition | Dépenses réelles/Forfait | Abattement | Plafond |
| Véhicule mis à disposition avant le 1-2-2025 | Dépenses réelles | 50 % | 2 026,30 € |
| Forfait | |||
| Véhicule mis à disposition à partir du 1-2-2025 | Dépenses réelles | 50 % (1) | 2 026,30 € |
| Forfait | 70 % (1) | 4 641,60 € |
(1) En cas de non-respect de l’éco-score minimal, aucun abattement ne s’applique. L’évaluation de l’avantage en nature se fait selon les règles des véhicules à essence.
En 2026, lorsque l’employeur met à la disposition du salarié une borne de recharge pour les véhicules électriques et qu’elle est installée hors du lieu de travail, l’avantage en nature résultant de son utilisation :
– est exclu de l’assiette des cotisations si la mise à disposition cesse à la fin du contrat de travail ;
– est évalué après l’application d’un abattement si la borne est installée au domicile du salarié et qu’elle n’est pas restituée à la fin du contrat de travail.
| Abattement | Plafond | |
| Borne de 5 ans ou moins | 50 % | 1 057,10 € |
| Borne de plus de 5 ans | 75 % | 1 585,50 € |
Services à la personne
Pour 2026, la limite d’exonération de cotisations et contributions sociales de l’aide aux services à la personne est fixée à 2 591 € (Arrêté CPPS2533264A du 23-12-2025 : JO 31).
Repas
En 2026, les forfaits nourriture applicables lorsque le salarié est en déplacement professionnel ou se trouve contraint de prendre son repas sur son lieu de travail en raison de conditions particulières d’organisation ou d’horaires de travail sont fixés comme suit (barème donné par le site des Urssaf).
| Désignation des indemnités |
Montant pour 2026 (en €) |
| Salarié travaillant dans l’entreprise | 7,50 |
| Salarié en déplacement (hors restaurant) | 10,40 |
| Salarié en déplacement (restaurant) | 21,40 |
Grands déplacements
En 2026, les frais de grands déplacements indemnisés sur la base d’allocations forfaitaires sont affranchis de cotisations et d’impôt sur le revenu dans les limites indiquées dans le tableau suivant (Source : site des Urssaf).
| Désignation des indemnités | Montant pour 2026 (en €) | ||
| 3 premiers mois |
du 4e au 24e mois inclus (– 15 %) |
du 25e au 72e mois inclus (– 30 %) |
|
| Repas (par repas) | 21,40 | 18,20 | 15,00 |
| Logement et petit déjeuner (par jour) | |||
| • Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne | 76,60 | 65,10 | 53,60 |
| • Autres départements (hors DOM-TOM) | 56,80 | 48,30 | 39,80 |
Mobilité professionnelle
En 2026, les frais professionnels indemnisés sur la base d’allocations forfaitaires sont affranchis de cotisations dans les limites indiquées dans le tableau suivant (Source : site des Urssaf).
| Désignation des indemnités | Montant pour 2026 |
| Hébergement provisoire et frais supplémentaires de nourriture dans l’attente d’un logement définitif | 85,10 € par jour, dans la limite de 9 mois |
| Dépenses inhérentes à l’installation dans le nouveau logement | 1 705,70 € majorés de 142,20 € par enfant à charge, dans la limite de 2 132,10 € |
Télétravail et NTIC
Pour 2026, les allocations forfaitaires allouées pour couvrir les frais liés au télétravail et aux outils issus des nouvelles technologies (NTIC) sont exonérées de cotisations sociales dans les limites suivantes (Source : site des Urssaf).
| Type de frais professionnels | Limites 2026 |
| Télétravail (frais fixes et variables liés à la mise à disposition d’un local privé pour un usage professionnel et frais de matériel informatique, de connexion et de fournitures diverses) |
– 11 €/mois pour une journée de télétravail par semaine ; – ou 2,70 €/jour, dans la limite de 59,40 €/mois |
| Frais relatifs aux outils issus des NTIC | 55,20 € par mois |
A noter : Si l’allocation forfaitaire est prévue par une convention collective de branche, un accord professionnel ou interprofessionnel ou un accord de groupe, elle est réputée utilisée conformément à son objet et exonérée de cotisations et contributions sociales dans la limite des montants prévus par accord collectif, dès lors que l’allocation est attribuée en fonction du nombre de jours effectivement télétravaillés et que son montant n’excède pas 13,20 € par mois pour une journée de télétravail par semaine, ou 3,30 € par jour de télétravail dans le mois, dans la limite mensuelle de 72,60 €.
Titres-restaurant
La limite d’exonération de cotisations et contributions sociales et d’impôt sur le revenu de la part patronale au financement des titres-restaurant passe à 7,32 € en 2026.
Pour être exonérée de cotisations et d’impôt sur le revenu, la valeur du titre–restaurant doit donc être comprise entre 12,20 € et 14,64 €.
Le bénéfice de l’exonération reste subordonné au respect des 2 autres limites suivantes :
– la contribution patronale ne doit pas dépasser 60 % de la valeur libératoire du titre ;
– elle doit être au moins égale à 50 % de cette valeur.
Frais de transport domicile-travail en Île-de-France
Les tarifs de l’abonnement Navigo augmentent au 1er janvier 2026, comme indiqué dans le tableau ci-dessous.
| Zones | Tarifs annuels en € | Tarifs mensuels en € |
| Toutes zones | 998,80 | 90,80 |
| Zones 2 à 3 | 976,80 | 88,80 |
| Zones 3 à 4 | 950,40 | 86,40 |
| Zones 4 à 5 | 928,40 | 84,40 |
Le paiement par prélèvements automatiques se fait sur 11 mensualités, le 1er prélèvement étant majoré de 7,60 € de frais de dossier.

[LFSS pour 2026] Tour de vis sur le versement des indemnités journalières
Avec l’article 81 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 du 30 décembre 2025, le gouvernement tente d’enrayer la croissance des dépenses d’indemnités journalières de maladie.
► Ces mesures complètent les dispositifs de lutte contre la fraude instaurés par l’assurance maladie, qui a mis l’accent sur la sécurisation et l’encadrement des prescriptions d’arrêt de travail, notamment à l’aide du formulaire d’arrêt de travail sécurisé. D’autres mesures pourraient être prévues dans le cadre du projet de loi de lutte contre la fraude, en cours d’examen au Parlement.
Les chirurgiens-dentistes sont autorisés à prescrire des arrêts de travail
Jusqu’à présent, le code de la sécurité sociale n’autorisait que le médecin et la sage-femme à prescrire un arrêt de travail ou une prolongation d’arrêt. Désormais, cette faculté est expressément reconnue aussi au chirurgien-dentiste (articles L.162-4-1, L.162-4-4 et L.321-1 modifiés du code de la sécurité sociale).
En pratique, l’article L.4141-2 du code de la santé publique autorisait déjà le chirurgien-dentiste à délivrer un arrêt de travail.
Une durée maximale pour l’arrêt de travail initial…
Lorsqu’il prescrit un arrêt de travail donnant lieu au versement d’indemnités journalières, le médecin, la sage-femme ou le chirurgien-dentiste doit indiquer la durée de cet arrêt. Cette obligation, qui s’appliquait déjà en pratique compte tenu des cases à remplir par le praticien dans le formulaire d’arrêt de travail, est désormais expressément prévue par la loi (article L.162-4-1, 1° modifié du code de la sécurité sociale).
La nouveauté réside dans l’instauration d’une limite à la durée de l’arrêt de travail. Cette durée ne peut pas excéder un plafond, qui sera fixé par décret en Conseil d’Etat (à paraître), sans pouvoir être inférieur à un mois pour une première prescription (article L.162-4-1, 1° modifié du code de la sécurité sociale). Des dérogations sont toutefois prévues (voir ci-dessous).
► Par exemple, si le décret fixe ce plafond à un mois, le médecin traitant ne pourra pas arrêter l’assuré pour plus d’un mois, sauf dérogation. A l’issue de cet arrêt initial, l’assuré devra reprendre le travail ou revoir son médecin pour que l’arrêt soit prolongé, dans la limite indiquée ci-dessous. L’exposé des motifs de la loi indique que, jusqu’à présent, le médecin qui prescrit un arrêt de travail à un assuré décidait librement de sa durée. Il dispose de fiches repères publiées par l’assurance maladie, qui mentionnent les durées indicatives d’arrêts de travail. Mais de nombreuses prescriptions d’arrêts dépassent les durées de référence recommandées.
… et pour sa prolongation
La durée de la prolongation d’un arrêt de travail pouvant être prescrite est également encadrée par la loi. Comme pour l’arrêt de travail initial, elle ne peut pas excéder un plafond déterminé par décret en Conseil d’État (à paraître), lequel plafond ne peut pas être inférieur à deux mois (articles L.162-4-1, 1° et L.162-4-4 modifiés du code de la sécurité sociale).
Des dérogations sont possibles
Le prescripteur de l’arrêt de travail initial ou de sa prolongation peut déroger au plafond s’il justifie, sur la prescription d’arrêt de travail, de la nécessité d’une durée plus longue au regard de la situation du patient et en considération, lorsqu’elles existent, des recommandations établies par la Haute Autorité de santé (articles L.162-4-1, 1° et L.162-4-4 modifiés du code de la sécurité sociale).
Pour tout renouvellement d’arrêt de travail d’une durée supérieure à une durée fixée par décret (à paraître), le prescripteur peut solliciter l’avis du service du contrôle médical (article L.162-4-4 modifié du code de la sécurité sociale).
► D’après l’exposé des motifs de l’amendement ayant introduit cette mesure dans la loi, la possibilité de solliciter l’avis du service du contrôle médical permet de mieux « objectiver » ces prolongations et de « limiter la pression […] que ressentent certains médecins de la part de leurs patients ».
L’arrêt de travail doit être motivé
Le prescripteur de l’arrêt de travail doit désormais indiquer dans l’arrêt de travail non seulement les éléments médicaux le justifiant, ce qui est déjà le cas, mais également, ce qui est nouveau, les motifs justifiant cette interruption du travail à des fins de contrôle par l’assurance maladie (article L.162-4-1, 1° modifié du code de la sécurité sociale).
► A titre d’exemple, si une assurée consulte son médecin en raison d’une grippe, la mention de la grippe constitue l’élément médical, et le motif de l’arrêt de travail peut être l’impossibilité d’exercer son poste d’auxiliaire de puériculture.
Entrée en vigueur
Ces dispositions entrent en vigueur le 1er septembre 2026, sauf pour la prescription des arrêts de travail par le chirurgien-dentiste qui devrait s’appliquer dès la publication de la loi.
Actuellement, en cas d’incapacité temporaire de travail consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, les indemnités journalières (IJ) sont versées pendant toute la période d’incapacité de travail qui précède soit la guérison complète, soit la consolidation de la blessure ou le décès (article L.433-1 du code de la sécurité sociale). Cette période n’est pas limitée dans le temps, contrairement aux arrêts maladie. La loi modifie l’article L.433-1 du code de la sécurité sociale afin d’instaurer une limite à cette durée de versement.
Limitation dans le temps de l’indemnisation de l’incapacité temporaire…
Aux termes de l’article L.433-1, alinéa 2 modifié, les IJ sont désormais versées pendant une période d’une durée maximale fixée par décret, calculée de date à date.
Les IJ sont donc payées jusqu’à la guérison, la consolidation ou le décès, ou, si aucun de ces évènements n’est intervenu pendant ce délai, jusqu’à l’expiration de cette durée maximale (article L.433-1, al. 3 nouveau du code de la sécurité sociale). Comme actuellement, le texte prévoit également un versement des IJ en cas de rechute.
L’article L.433-1, alinéa 2 prévoit que cette durée ne peut pas être plus courte que celle de versement des IJ en cas d’affection longue durée (ALD). Actuellement, cette durée est de trois ans (article R.323-1 du code de la sécurité sociale).
► Selon l’exposé des motifs du projet de loi, la période d’indemnisation de l’incapacité temporaire des victimes d’AT/MP serait limitée à quatre ans pour un même sinistre.
Dans le cas d’interruption suivie d’une reprise du travail puis d’un nouvel arrêt, la période court à nouveau, à condition que la reprise ait été d’une durée minimale fixée par décret (article L.433-1, al. 2 modifié du code de la sécurité sociale).
… sauf temps partiel thérapeutique…
Cette durée maximale ne s’appliquera pas au cas du travail aménagé ou à temps partiel prescrit à but thérapeutique (article L.433-1, al. 4 modifié du code de la sécurité sociale).
… puis l’incapacité devient permanente
Dans le cas où les IJ sont versées jusqu’à l’expiration de la durée maximale, l’incapacité est réputée permanente (article L.433-1, al. 3 nouveau du code de la sécurité sociale).
► Ainsi, à l’issue de la durée de versement des IJ, les assurés pourront bénéficier d’une rente si leur taux d’incapacité permanente professionnelle est d’au moins 10 % ou d’une indemnité en capital, s’il est inférieur (CSS art. L 434-1 et L 434-2). Un assuré pourrait donc se voir reconnaître une incapacité permanente alors même qu’il ne serait pas guéri ni son état consolidé. Toutefois, cette situation devrait rarement arriver en pratique, l’exposé des motifs du projet de loi indiquant que les contrôles menés par la Cnam sur les arrêts les plus longs conduisent dans la majeure partie des cas à une décision de consolidation.
Entrée en vigueur
Ces dispositions s’appliqueront aux victimes d’AT/MP dont le sinistre interviendra à compter du 1er janvier 2027.
| A noter : le Conseil constitutionnel a censuré l’article 83 qui modifiait l’article L.321-1 du code de la sécurité sociale afin de substituer à la notion de travail celle d’ »activité professionnelle salariée ou non salariée quelconque ». Si l’article avait été validé par les Sages, l’assuré n’aurait plus pu percevoir d’indemnités journalières s’il avait pu exercer un emploi « accessoire » exercé à côté de l’emploi principal, ou s’il avait été en capacité de changer d’emploi. En revanche, le prescripteur de l’arrêt de travail aurait pu autoriser l’assuré à exercer une activité non professionnelle (pratique sportive ou bénévolat, par exemple), si elle avait été compatible avec son état de santé. |

Suspension de l’aide exceptionnelle aux employeurs d’apprentis pour les contrats conclus depuis le 1er janvier 2026
Les entreprises de moins de 250 salariés peuvent bénéficier, sous conditions, d’une aide unique forfaitaire de l’État pour l’embauche d’apprentis préparant un diplôme ou un titre à finalité professionnelle équivalant au plus au baccalauréat (niveau 4) (C. trav. art. L 6243-1 et D 6243-1). Pour les contrats d’apprentissage conclus depuis le 24 février 2025, le montant de l’aide unique versé au titre de la première année est de 5 000 € maximum (6 000 € pour un contrat conclu avec un apprenti handicapé) (C. trav. art. D 6243-2, II).
Par ailleurs, pour les contrats d’apprentissage conclus du 24 février 2025 au 31 décembre 2025, les employeurs de moins de 250 salariés pouvaient bénéficier, sous conditions, de l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis pour la préparation d’un diplôme ou d’un titre professionnel d’au moins niveau 5 (bac + 2) et au plus de niveau 7 (bac + 5), d’un montant de 5 000 € maximum versé la première année d’exécution du contrat. Les entreprises d’au moins 250 salariés pouvaient aussi bénéficier, sous conditions, de l’aide exceptionnelle pour la préparation d’un diplôme ou d’un titre professionnel au plus de niveau 7, d’un montant de 2 000 € maximum versée la 1e année d’exécution du contrat. Le montant de l’aide exceptionnelle était de 6 000 € si le contrat était conclu avec un apprenti handicapé, quel que soit l’effectif de l’entreprise (Décret 2025-174 du 22-2-2025 art. 2, JO du 23).
Le ministère du Travail et des Solidarités a précisé qu’en l’absence d’adoption de la loi de finances pour l’année 2026, l’aide exceptionnelle pour les employeurs embauchant des apprentis ne sera pas versée pour les contrats d’apprentissage conclus à partir du 1er janvier 2026. En revanche, l’aide exceptionnelle continue à être versée aux employeurs pour leurs contrats conclus jusqu’au 31 décembre 2025.
Seul le versement de l’aide unique à l’embauche d’apprentis réservée aux entreprises de moins de 250 salariés pour l’embauche d’un apprenti préparant un diplôme ou un titre à finalité professionnelle équivalant au plus au baccalauréat (niveau 4) est maintenu pour les contrats conclus à compter du 1er janvier 2026.
Le ministère indique qu’un décret sera pris dès adoption de la loi de finances pour 2026 afin de prévoir les nouveaux paramètres de l’aide exceptionnelle en fonction des crédits votés. Ces nouveaux paramètres ne seront pas rétroactifs.

[LFSS pour 2026] La réforme des retraites est mise sur pause jusqu’en 2028
L’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, initialement applicable à compter de la génération 1968, concernera finalement les générations 1969 et suivantes. Le calendrier du relèvement progressif de cet âge est assoupli pour les générations 1964 à 1968, tout comme celui relatif au nombre de trimestres d’assurance requis pour l’obtention d’une retraite à taux plein pour les générations 1964 et 1965 par la LFSS pour 2026 du 30 décembre 2025.
Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
►Le relèvement progressif de cette borne d’âge applicable au régime d’assurance vieillesse de Saint-Pierre-et-Miquelon et à Mayotte est réaménagé selon un calendrier spécifique. A noter que le calendrier spécifique à Saint-Pierre-et-Miquelon s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er mars 2026.
En revanche, aucune mesure spécifique n’existe pour compenser le coût de cette suspension.
► Parallèlement à cette suspension, s’est ouverte le 5 décembre 2025 la conférence sur le travail, l’emploi et les retraites qui se poursuivra jusqu’à l’été 2026. Si ce cycle de consultations aboutit à la conclusion d’un accord, le gouvernement s’est engagé à le transposer dans la loi. A défaut, il appartiendra aux candidats à l’élection présidentielle de faire leurs propositions aux Français (exposé des motifs de l’article 105).
La loi du 14 avril 2023 a fixé l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, depuis le 1er septembre 2023, pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1968. Parallèlement, un décret du 3 juin 2023 a complété cette disposition en prévoyant un relèvement progressif de cet âge pour les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1967, à raison de trois mois par génération et dans la limite de 64 ans.
Le calendrier du relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite est assoupli et légalisé par la LFSS pour 2026.
Concrètement, la borne d’âge de 64 ans est reportée d’un an. Elle s’appliquera non plus aux assurés nés à compter du 1er janvier 1968 mais à ceux nés à compter du 1er janvier 1969 (article L.161-17-2, al. 1er modifié du code de la sécurité sociale).
Le calendrier du relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite est légalisé (article L.161-17-2, al. 2 modifié du code de la sécurité sociale) et assoupli. Cet âge est fixé à :
- 62 ans et 3 mois pour les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1961 (sans changement) ;
- 62 ans et 6 mois pour les assurés nés en 1962 (sans changement) ;
- 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 : l’âge légal de départ à la retraite était initialement fixé à 63 ans pour la génération 1964 et 63 ans et 3 mois pour la génération 1965 (les assurés nés durant le premier trimestre 1965 gagnent donc 6 mois) ;
- 63 ans pour les assurés nés entre le 1er avril et le 31 décembre 1965 : pour ces assurés, l’âge légal de départ à la retraite était initialement fixé à 63 ans et 3 mois ;
- 63 ans et 3 mois pour les assurés nés en 1966 : l’âge légal de départ à la retraite de cette génération était initialement fixé à 63 ans et 6 mois ;
- 63 ans et 6 mois pour les assurés nés en 1967 : l’âge légal de départ à la retraite de cette génération était initialement fixé à 63 ans et 9 mois ;
- 63 ans et 9 mois pour les assurés nés en 1968 : l’âge légal de départ à la retraite de cette génération correspondait initialement à celui de droit commun, à savoir 64 ans.
► Les assurés nés avant le 1er septembre 1961 resteront soumis aux dispositions en vigueur avant la LFSS pour 2026 (article L.161-17-2, dernier al. modifié du code de la sécurité sociale).
La réforme des retraites de 2023 a également accéléré le calendrier (défini par la réforme « Touraine » de 2014) d’augmentation de la durée d’assurance requise pour obtenir une pension à taux plein. Ainsi, depuis le 1er septembre 2023, celle-ci augmente progressivement à raison d’un trimestre par génération pour atteindre 172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1965 (alors que la cible de 172 trimestres était atteinte seulement à compter de la génération 1973 auparavant).
L’augmentation progressive du nombre de trimestres d’assurance nécessaire au taux plein est assouplie par la LFSS pour les générations 1964 et 1965 (article L.161-17-3 modifié du code de la sécurité sociale).
Ainsi, elle reste fixée à :
- 167 trimestres pour les assurés nés entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 ;
- 168 trimestres pour les assurés nés entre le 1er janvier 1961 au 31 août 1961 ;
- 169 trimestres pour les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1962 ;
- 170 trimestres pour les assurés nés entre le 1er janvier 1963 et le 31 décembre 1963.
En revanche, les assurés nés en 1964 et ceux nés durant le premier trimestre 1965 devront dorénavant justifier de 170 trimestres d’assurance (au lieu de 171 trimestres pour la génération 1964 et 172 pour la génération 1965) pour l’obtention d’une pension à taux plein. Pour ceux nés au cours des trois derniers trimestres 1965, le nombre de trimestres d’assurance requis est fixé à 171 (contre 172).
Les générations 1966 et suivantes doivent toujours justifier de 172 trimestres d’assurance pour l’obtention du taux plein.

La suspension de l’application des mesures d’âge et d’assurance de la réforme des retraites de 2023 concerne les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Selon l’exposé des motifs, cette date d’entrée en vigueur a pour objectif de permettre aux assurés bénéficiant d’un départ anticipé, au titre du dispositif pour longues carrières, inaptitude et invalidité, de bénéficier de l’abaissement de la durée d’assurance requise prévue pour leur génération, à compter de cette date, ce délai étant nécessaire pour permettre aux caisses de sécurité sociale d’adapter leurs systèmes d’information en conséquence.
Pour un peu plus de concret, il faut donc attendre les prochaines circulaires de la Cnav.

Réduction générale dégressive unique de cotisations patronales : derniers ajustements au 1er janvier 2026
Un décret (décret 2025-1446 du 31-12-2025 : JO 1-1-2026) modifie, pour 2026, la valeur des T pris en compte dans la formule de calcul de la réduction générale dégressive unique de cotisations patronales (RGDU) et assimile les jours monétisés par les salariés en forfait jours à des heures supplémentaires pour le calcul du Smic pris en compte dans cette formule.
Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale de cotisations et la réduction du taux des cotisations maladie et famille sont fusionnées au sein d’une nouvelle réduction générale dégressive unique de cotisations patronales (RGDU) qui s’applique aux rémunérations inférieures à 3 Smic.
Les paramètres de calcul de cette nouvelle réduction ont été fixés par un décret du 4 septembre 2025 (voir cette actualité).
Le décret du 31 décembre 2025 ajuste ces paramètres sur deux points. Comme la réforme qu’il aménage, le décret entre en vigueur le 1er janvier 2026 et s’applique aux cotisations et contributions dues au titre des périodes d’activité courant à compter de cette date.
Le coefficient de calcul de la nouvelle réduction est obtenu par application de la formule suivante (CSS art D. 241-7) :
Coefficient = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × Smic calculé pour un an / rémunération annuelle brute – 1)]ª)
a = 1,75
La valeur maximale de ce coefficient (T max) est égale à la somme des valeurs Tmin et Tdelta. Elle ne peut pas excéder la somme des taux de cotisations éligibles à la réduction. Les valeurs T min et T delta sont fixées par décret dans le respect de cette règle.
Cas général
Le décret du 31 décembre 2025 fixe à 0,49 % de la rémunération (contre 0,50 % en 2025), le montant de la réduction imputable sur les cotisations dues au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles (CSS art. D 241-2-4 modifié).
Il ajuste par ailleurs comme suit la valeur des T pour 2026 afin de tenir compte de ce montant et de la hausse du taux de la cotisation patronale vieillesse déplafonnée au 1er janvier 2026, celle-ci passant de 2,02 % à 2,11 % à cette date (voir notre actualité du 2-1-2026) (CSS art. D 241-7 modifié).
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Valeurs des T en 2026 (Cas général) |
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| Taux de Fnal applicable à l’entreprise | T min | T delta | T max |
| Entreprise au Fnal à 0,10 % | 0,0200 | 0,3781 | 0,3981 |
| Entreprise au Fnal à 0,50 % | 0,0200 | 0,3821 | 0,4021 |
Du fait de ces modifications, le coefficient d’imputation de la réduction sur les cotisations et contributions dues à l’Urssaf et à l’institution de retraite complémentaire (IRC) est le suivant.
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Coefficient d’imputation de la RGDU en 2026 (Cas général) |
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| Taux de Fnal applicable à l’entreprise | Urssaf | IRC |
| Entreprise au Fnal à 0,10 % | 0,3380/0,3981 | 0,0601/0,3981 |
| Entreprise au Fnal à 0,50 % | 0,3420/0,4021 | 0,0601/0,4021 |
Cotisants à taux réduits
Lorsque la somme des taux des cotisations et contributions effectivement à la charge de l’employeur est inférieure à Tmax, la valeur Tdelta est réduite jusqu’à ce que ces deux sommes soient égales (CSS art. D 241-7). D’après nos calculs, pour les cotisants à taux réduits ouvrant droit à la RGDU, cela conduit aux valeurs de T suivantes.
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Valeurs des T en 2026 (VRP multicarte) |
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| Taux de Fnal applicable à l’entreprise | T min | T delta | T max |
| Entreprise au Fnal à 0,10 % | 0,0200 | 0,3616 | 0,3816 |
| Entreprise au Fnal à 0,50 % | 0,0200 | 0,3656 | 0,3856 |
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Valeurs des T en 2026 (journaliste, pigiste et assimilé) |
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| Taux de Fnal applicable à l’entreprise | T min | T delta | T max |
| Entreprise au Fnal à 0,10 % | 0,0200 | 0,3453 | 0,3653 |
| Entreprise au Fnal à 0,50 % | 0,0200 | 0,3493 | 0,3693 |
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Valeurs des T en 2026 (Médecins à temps partiel) |
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| Taux de Fnal applicable à l’entreprise | T min | T delta | T max |
| Entreprise au Fnal à 0,10 % | 0,0200 | 0,3525 | 0,3725 |
| Entreprise au Fnal à 0,50 % | 0,0200 | 0,3565 | 0,3765 |
Dans la formule de calcul du coefficient, le Smic pris en compte est celui correspondant à la durée légale de travail. Il est toutefois ajusté pour tenir compte de diverses situations et notamment de l’accomplissement d’heures supplémentaires. Le Smic retenu dans la formule de calcul est alors égal à :
Smic annuel + (Smic horaire x nombre d’heures supplémentaires)
Cette prise en compte des heures supplémentaires permet d’obtenir un montant de réduction plus important.
Si l’administration a admis que les RTT monétisées dans le cadre du dispositif temporaire applicable jusqu’au 31 décembre 2026 bénéficiaient de cette règle à hauteur de 7 heures pour une journée rachetée et 3,5 heures pour une demi-journée (BOSS-All. gén.-1030) elle a toujours refusé, pour le calcul de la réduction générale, d’assimiler à des heures supplémentaires la renonciation à des jours de repos par les salariés en forfait jours (Circ. DSS 2015-99 du 1-1-2015 ; BOSS-All. gén.-950).
Le décret du 31 décembre 2025 met fin à cette situation. Désormais le Smic pris en compte est aussi augmenté pour les salariés ayant conclu une convention de forfait en jours sur l’année renonçant à des jours de repos dans les conditions prévues à l’article L 3121-59 du Code du travail, c’est-à-dire dans les conditions suivantes :
– la renonciation résulte d’un accord écrit entre employeur et salarié prévoyant une majoration de salaire d’au moins 10 % pour le temps de travail supplémentaire ;
– le nombre de jours travaillés dans l’année ne doit pas excéder le nombre maximal prévu par la convention ou l’accord collectif (à défaut d’accord, il ne doit pas excéder 235 jours conformément à l’article L 3121-66 du Code du travail).
Ce principe, dorénavant inscrit à l’article D 241-7 du CSS, ne concerne que les cotisations et contributions dues au titre des périodes d’activité courant à compter du 1er janvier 2026.
A noter : Le décret ne précise pas les modalités de valorisation des jours supplémentaires travaillés pour le calcul du Smic. On attendra donc avec intérêt les précisions du Boss à ce propos.

Barèmes 2026 des avantages en nature
L’Urssaf vient de publier les barèmes des avantages en nature applicables en 2026 (repas, titre-restautant, véhicule et logement).
Paie : ce qui change au 1er janvier 2026
Le début d’année 2026 est marqué par l’absence d’un budget, le projet de loi de finances pour 2026 ayant été rejeté par l’Assemblée nationale. Les débats reprendront jeudi 8 janvier en commission des finances à l’Assemblée nationale. Une loi spéciale a toutefois été publiée le 27 décembre afin notamment de permettre à l’Etat de recouvrer l’impôt.
Nous récapitulons les paramètres d’ores et déjà fixés.
Un arrêté du 23 décembre 2025 fixe le plafond d’exonération de l’aide financière pouvant être apportée par l’employeur et/ou le CSE dans le cadre des services à la personne à 2 591 euros pour 2026.
Les bons d’achat attribués par le comité social et économique (CSE) sont exonérés de cotisations lorsque leur valeur totale ne dépasse pas 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par année et par bénéficiaire, soit 200, 25 euros arrondis à 200 euros en 2026. Au-delà de ce seuil, l’exonération est subordonnée à plusieurs conditions.
Le conseil d’administration de l’Association patronale qui prend en charge les salaires des entreprises défaillantes (AGS), qui s’est tenu le 16 décembre 2025, a décidé de maintenir le taux de la cotisation à 0,25 % à compter du 1er janvier 2026.
Le taux de cotisation du régime intempéries du montant des salaires à prendre en compte déduction faite de l’abattement défini à l’article D. 5424-36 du code du travail pour les entreprises appartenant à la catégorie du gros œuvre et des travaux publics est maintenue à à 0,68 %, depuis le 1er avril 2024 et jusqu’au 31 mars 2026, et à 0,13 % du montant des salaires pris en compte après déduction de l’abattement pour les entreprises n’entrant pas dans la catégorie du gros œuvre et des travaux publics.
Un arrêté du 12 décembre 2025 maintient le taux de cotisation, pour l’année 2025, des entreprises affiliées à l’organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) à 0,11 % du montant des salaires versés par l’employeur, y compris le montant des indemnités de congés payés pour lesquelles une cotisation est perçue par les caisses de congés payés instituées dans la branche. Le taux de la contribution due au titre de l’emploi de travailleurs temporaires auxquels les entreprises adhérentes font appel, pour l’année 2025, est fixé à 0,11 % du montant du salaire de référence, lequel est fixé pour l’année 2025 à 14,91 euros, y compris l’indemnité compensatrice de congés payés.
Le taux de cotisation maladie applicable aux salaires, avantages de retraites et autres revenus de remplacement est maintenue à 1,30 % en 2026.
La LFSS pour 2026 porte le taux de la contribution patronale spécifique sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite de 30 % à 40 %.
Les limites d’exonération des allocations forfaitaires en matière de frais professionnels sont revalorisées. Ainsi, les indemnités forfaitaires de repas sont fixées pour 2026 à :
repas au restaurant : 21,40 euros ;
restauration sur le lieu de travail : 7,50 euros ;
restauration hors des locaux de l’entreprise : 10,40 euros.
Un décret du 26 décembre 2025 fixe à 151 445 euros le montant minimum de la garantie financière des entreprises de travail temporaire pour 2026.
Les élèves et étudiants stagiaires perçoivent obligatoirement une gratification lorsque la durée du stage au sein de l’entreprise ou de l’organisme d’accueil dépasse une certaine durée. Le montant horaire minimal de la gratification s’élève à 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale.
Par ailleurs, qu’elle soit ou non obligatoire, la gratification versée est exonérée de certaines charges sociales pour sa fraction ne dépassant pas un seuil, également fixé à 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale.
Le plafond horaire de la sécurité sociale (PHSS) s’élevant à 30 euros pour 2026, la valeur de 15 % du PHSS est donc de 4,50 euros par heure de stage en 2026 (30 euros x 15 %).
La LFSS pour 2026 du 30 décembre 2025 étend à l’ensemble des entreprises le bénéfice de la déduction forfaitaire de cotisations patronales sur les heures supplémentaires dont bénéficient les entreprises de moins de 250 salariés (0,50 euros par heure rémunérée).
Un arrêté du 30 décembre 2025 fixe les majorations forfaitaires des taux de cotisation des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles (AT/MP) pour 2026 :
- majoration « accidents de trajet » : 0,19 % ;
- majoration « charges générales » : 52 % ;
- majoration « compte spécial » : 0,17 % ;
- majoration « pénibilité » : 0,03 %.
La valeur de service du point est inchangée au 1er novembre 2025 ; elle reste fixée à 1,4386 euros.
La valeur d’achat du point est également inchangée ; elle demeure fixée à 20,1877 euros pour l’exercice 2026.
Le montant du plafond des majorations pour enfants nés ou élevés reste fixé à 2 367,48 euros.
Le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités a décidé le 10 décembre 2025 de relever les tarifs des titres de transport au 1er janvier 2026, et notamment ceux du forfait Navigo annuel, mensuel ou hebdomadaire.
Ainsi, dès le 1er janvier 2026, le prix du passe Navigo mensuel toutes zones augmente de 2 euros pour atteindre 90,80 euros par mois.
Un arrêté du 22 décembre 2025 fixe le montant du plafond de la sécurité sociale pour 2026 comme suit :
- valeur annuelle : 48 060 euros ;
- valeur mensuelle : 4 005 euros ;
- valeur journalière : 220 euros ;
- valeur horaire : 30 euros.
Ces montants sont applicables aux cotisations et aux contributions de sécurité sociale dues au titre des périodes courant à compter du 1er janvier 2026.
La mesure est en suspens pour 2026 en l’absence de projet de loi de finances pour 2026. Toutefois, dans l’attente de reprise des débats au Parlement sur le budget, les dispositif d’exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu pour les pourboires est maintenu dans les mêmes conditions que celles en vigueur en 2025.
A partir du 1er janvier 2026, la réduction générale de cotisations patronales et la réduction des taux des cotisations famille et maladie sont remplacées par une réduction générale dégressive unique (RGDU) applicable aux rémunérations inférieures à trois Smic. Un décret du 31 décembre 2025 fixe les paramètres pour 2026 et confirme une actualité du Bulletin officiel de la sécurité sociale du 31 décembre 2025.
Le taux de la cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée est réhaussé à 2,11 % pour le régime général.
Les paramètres de calcul de la réduction générale dégressive unique son ajustés. Le taux maximum est fixé à 39,81 % pour les entreprises de moins de 50 salariés et à 40,21 % pour les entreprises de plus de 50 salariés.
Enfin, les seuils d’éligibilité aux réductions proportionnelles d’assurance maladie et d’allocations familiales sont maintenus pour certaines entreprises qui bénéficient de réductions dégressives de cotisations patronales spécifiques (Lodeom, TO-DE, AAD et les exonérations zonées – ZRD, ZFRR et ZFU) ou de régimes spéciaux (SNCF, RATP, entreprises IEG).
Saisie sur salaire
Les seuils du barème des saisies sur salaire sont revalorisés pour l’année 2026 (décret du 24 décembre 2025 ; article R.3252 du code du travail).
Le tableau ci-dessous récapitule les tranches applicables à compter du 1er janvier 2026.
| Fraction cessible du salaire | Tranche de rémunération annuelle au 1er janvier 2026 |
|---|---|
| 1/20 | Tranche inférieure ou égale à 4 480 euros |
| 1/10 | Tranche supérieure à 4 480 euros et inférieure ou égale à 8 730 euros |
| 1/5 | Tranche supérieure à 8 730 euros et inférieure ou égale à 13 000 euros |
| 1/4 | Tranche supérieure à 13 000 euros et inférieure ou égale à 17 230 euros |
| 1/3 | Tranche supérieure à 17 230 euros et inférieure ou égale à 21 470 euros |
| 2/3 | Tranche supérieure à 21 470 euros et inférieure ou égale à 25 810 euros |
| La totalité |
Tranche supérieure à 25 810 euros |
► Rappelons que la fraction absolument insaisissable du salaire est égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule qui est de 646,52 euros par mois depuis le 1er avril 2025.
Ces tranches sont majorées de 1 740 euros par personne à charge.
Un décret du 17 décembre 2025 revalorise le Smic de 1,18 % à compter du 1er janvier 2026.
Le Smic brut horaire est porté à 12,02 euros, soit 1 823,03 euros mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires, en métropole, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il est de 9,33 euros, soit 1 415,05 euros mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires, à Mayotte.
Le minimum garanti s’établit à 4,25 euros au 1er janvier 2026.
Un arrêté du 30 décembre 2025 fixe la tarification des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles pour l’année 2026. Le taux net moyen national de cotisation est de 2,08 %.
Un second arrêté du 30 décembre 2025 fixe la tarification des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles dans les exploitations minières et assimilées pour l’année 2026.
L’une des conditions pour l’exonération de la participation de l’employeur à l’acquisition de titres-restaurant est que cette participation ne dépasse pas un montant qui est, en principe, revalorisé chaque année au 1er janvier.
Cette limite d’exonération est relevée dans la même proportion que la variation de l’indice des prix à la consommation hors tabac entre le 1er octobre de l’avant-dernière année et le 1er octobre de l’année précédant celle de l’acquisition des titres-restaurant et arrondie, s’il y a lieu, au centime d’euro le plus proche.
Cet indice ayant augmenté de 1,1 %, la limite d’exonération de la participation de l’employeur s’élève à 7,32 euros pour les titres-restaurant acquis en 2026.
La mesure est en suspens pour 2026 en l’absence de projet de loi de finances pour 2026. Toutefois le dispositif d’exonération de cotisations sociales relatif à la prise en charge des frais de transport public est maintenu dans les mêmes conditions que celles en vigueur en 2025.

Réforme des allègements généraux de charges patronales : les précisions du Boss
« La refonte des allègements généraux de cotisations patronales de sécurité sociale, engagée par l’article 18 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2025, entre en vigueur au 1er janvier 2026. Dans ce cadre, et pour l’application des dispositions prévues par la LFSS pour 2025 ainsi que par la LFSS pour 2026, un décret à paraitre relatif aux modalités d’application de divers dispositifs d’exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale prévoit plusieurs adaptations réglementaires nécessaires à la mise en œuvre de la réforme à compter du 1er janvier 2026 », avance un communiqué du Boss publié le 31 décembre dernier. Selon le Boss, ce texte porte sur trois volets principaux :
► Echange de taux entre les taux d’assurance vieillesse de base et le taux net de cotisation des ATMP ;
► Ajustement des paramètres de calcul de la réduction générale dégressive unique ;
► Fixation des seuils d’éligibilité aux réductions proportionnelles d’assurance maladie et d’allocations familiales résiduellement maintenues pour certaines entreprises.
Réforme des cotisations sociales des indépendants : les explications de l’Urssaf
La base de calcul et les barèmes des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants vont évoluer à compter de la régularisation des cotisations de l’année 2025. L’Urssaf rappelle les principales nouveautés qui en découlent.