17 % des établissements interrogés ont intégré le télétravail dans l’organisation de leur activité professionnelle.
Les entreprises font rarement part d’une opposition de principe au télétravail ; c’est plus le caractère « télétravaillable » ou non qui est le critère déterminant. Certains emplois supposent une présence physique dans l’établissement ou auprès de la clientèle. Par exemple, seuls 5 % des établissements du commerce de détail ont recours au télétravail contre 52 % des établissements de l’informatique et des services d’information. « Le télétravail est ainsi plus développé au sein des activités qui mobilisent fortement les technologies numériques et les outils de travail à distance » : informatique et services d’information, l’audiovisuel, l’édition, les télécommunications, les activités scientifiques et techniques, les activités financières et d’assurance etc.
Parmi les raisons du non-télétravail dans l’établissement, le caractère non-télétravaillable est cité dans 91 % des cas. Les autres raisons ne sont citées que dans 1 ou 2 % des cas (pas favorable, pas les moyens techniques ou financiers etc). Parmi les 2 % qui n’y sont pas favorables, seul un sur deux craint un impact négatif sur la cohésion d’équipe. Parmi ces 2 % d’entreprises, 44 % évoquent la crainte d’une perte de productivité et 39 % une perte de contrôle sur le personnel. Enfin, 27 % redoutent un sentiment d’injustice de la part de leurs salariés qui ne peuvent pas télétravailler.
La taille des établissements est également un critère discriminant. Il concerne 48 % des établissements de 100 salariés et plus mais seulement 12 % des établissements de moins de cinq salariés.
Le télétravail est généralisé à tous les salariés dans seulement 16 % des cas. Dans trois quarts des établissements, le télétravail concerne moins de la moitié des salariés.
Les entreprises s’assurent que les salariés disposent des compétences nécessaires pour télétravailler à savoir, autonomie et sens de l’organisation (cités par 59 et 46 % des entreprises). En revanche, seuls 19 % des établissements sondés estiment que les salariés non-managers doivent disposer de compétences numériques nouvelles pour télétravailler.
D’ailleurs au moment du recrutement, seuls 9 % des employeurs estiment que le télétravail modifie les compétences qui sont attendues. En revanche, 22 % des entreprises considèrent que le télétravail permet d’élargir le vivier de candidats notamment à des personnes éloignées géographiquement. Par ailleurs, le télétravail permet de rendre les emplois plus attractifs notamment pour les établissements qui rencontrent des difficultés de recrutement « et cela d’autant plus lorsque ces difficultés sont liées à une forte concurrence entre entreprises pour attirer des candidats ».
(*) L’étude s’appuie sur une enquête complémentaire à l’enquête Besoins en main d’oeuvre (BMO) 2024 menée auprès de 20 000 établissements dans 13 régions métropolitaines et les cinq départements d’Outre-mer. Elle a été menée par Guillaume Blache et Frédéric Lainé, Direction observatoire statistique, études, évaluations et prospective.

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